Selon un sondage YouGov pour Indeed, 59,7 % des 18-24 ans estiment avoir les compétences nécessaires pour rester performants dans leur travail l’an prochain, contre 69,7 % en moyenne. Ce doute traduit rarement un manque réel : le plus souvent, les compétences sont là, mais absentes du CV. La solution consiste à les nommer, à les prouver et à les placer aux bons endroits.
L’enjeu est d’autant plus fort que le chômage des 15-24 ans atteint 21,6 % au deuxième trimestre 2026 (INSEE). Le gouvernement mise de son côté sur le plan Emploi futur et sur le maintien des aides à l’apprentissage dans le projet de budget 2027.
Pourquoi les 18-24 ans doutent-ils davantage de leurs compétences ?
Les jeunes cumulent trois facteurs d’incertitude : un marché plus fermé aux débutants, des métiers transformés par l’IA et un parcours encore trop court pour savoir formaliser ce qu’ils savent faire. Selon l’INSEE, le chômage des 15-24 ans a progressé de 2,5 points en un an.
L’IA renforce ce sentiment. D’après le Baromètre Talents 2026, réalisé par Ipsos bva pour SKEMA Business School et EY auprès de 1 609 étudiants et jeunes diplômés, 74 % voient l’IA comme une menace possible pour les postes juniors. Ils sont aussi 79 % à vouloir être formés à ces outils par leur futur employeur.
Pourtant, la plupart des jeunes ont déjà acquis des compétences sans les identifier comme telles. Un job en caisse le week-end mobilise par exemple la gestion des encaissements, le sens du service en période d’affluence et la fiabilité sur des horaires fixes.
Que prévoient le plan Emploi futur et le budget 2027 pour les jeunes ?
Le plan Emploi futur, présenté le 7 mai 2026, compte quinze mesures pour augmenter le taux d’emploi des 16-25 ans. Il prévoit notamment de mieux orienter les jeunes vers les métiers qui recrutent, de les rapprocher des entreprises et de renforcer le mentorat.
Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027, présenté le 1er octobre 2026, reconduit l’aide exceptionnelle à l’embauche d’apprentis au même niveau qu’en 2026. Ce maintien dépend encore du vote du budget par le Parlement.
Le Passeport de compétences, à quoi sert-il pour votre CV ?
Le Passeport de compétences est la mesure qui touche le plus directement votre CV. Lancé le 22 juin 2026 sur Mon Compte Formation, ce service gratuit centralise vos diplômes, formations et expériences, y compris le bénévolat, le volontariat et le service civique.
Il ne remplace pas le CV, mais il en fait l’inventaire préalable. Commencez par l’activer depuis votre compte CPF. Vérifiez ensuite les informations préchargées, puis complétez-les avec vos engagements personnels.
Comment repérer les compétences que vous avez déjà, sans expérience professionnelle ?
Partez de ce que vous avez fait, pas d’une liste de qualités. Commencez par lister vos activités des trois dernières années : jobs étudiants, stages, projets en cours, associations, sport en club, service civique.
Pour chacune, notez ensuite ce que vous faisiez avec un verbe d’action précis : « accueillir », « planifier » ou « former » plutôt que « participer ». Associez enfin à chaque action la compétence qu’elle démontre. Animer un groupe d’enfants en centre de loisirs relève ainsi de la gestion de groupe et de la communication avec les familles.
Comparez ensuite cette liste aux offres qui vous intéressent. Les compétences qui reviennent souvent sont à mettre en avant. Celles qui manquent indiquent ce qu’il vous reste à acquérir.
Comment présenter vos compétences sur le CV pour qu’elles soient crédibles ?
Une compétence est crédible quand elle s’appuie sur une preuve : une action, un contexte, si possible un résultat. « Dynamique, rigoureux, esprit d’équipe » ne donne au recruteur aucun moyen de vérifier ce que vous avancez.
On distingue les compétences techniques (hard skills), des savoir-faire mesurables comme un logiciel ou une langue, et les compétences comportementales (soft skills), comme l’organisation ou l’écoute. Les jeunes valorisent fortement ces dernières : dans le Baromètre Talents 2026, l’esprit critique arrive en tête des compétences jugées décisives (60 %).
Concrètement, intégrez chaque compétence dans l’expérience où vous l’avez exercée. Écrivez par exemple « Accueil et conseil des clients lors des pics d’affluence du samedi » plutôt que « sens du service ». Regroupez ensuite dans une rubrique dédiée les six à huit compétences demandées dans l’offre, en reprenant ses termes exacts.
Ces termes comptent aussi pour les ATS (Applicant Tracking System), les logiciels qui trient automatiquement les candidatures en comparant votre CV à l’annonce. Pour la même raison, préférez « Anglais : niveau B2 » à une jauge ou à des étoiles, que ces logiciels ne savent pas lire. Vos centres d’intérêt peuvent-ils prouver une compétence ?
Oui, s’ils sont précis. Quand l’expérience professionnelle est mince, les centres d’intérêt montrent souvent ce que le reste du CV ne dit pas : régularité, responsabilité, travail en équipe.
« Football » ne dit rien au recruteur. « Capitaine d’une équipe en championnat départemental » montre au contraire une capacité à fédérer un groupe dans la durée. La règle est simple : un intérêt, une pratique concrète, et ce qu’elle révèle de vous.
Gardez deux à quatre centres d’intérêt, précisés par un rôle, une fréquence ou un niveau. Un bénévolat régulier ou un service civique mérite même souvent une place dans les expériences. Quelles retouches rapides apporter à votre CV étudiant ?
Commencez par le titre : remplacez « Étudiant en master » par l’intitulé du poste visé, repris de l’offre. Ajoutez ensuite une accroche de deux à trois lignes qui résume votre formation, vos deux compétences clés et votre objectif.
Reprenez ensuite chaque expérience pour qu’elle commence par un verbe d’action et se termine, si possible, par un résultat. Placez en premier la rubrique la plus utile pour le poste, formation ou expérience. Pour finir, enregistrez votre CV en une seule colonne, au format PDF avec texte sélectionnable.
L’alternance, un moyen de vous former sans attendre ?
Oui. L’alternance permet d’acquérir des compétences tout en occupant un vrai poste. Le maintien des aides à l’embauche d’apprentis dans le PLF 2027 incite les entreprises à continuer de recruter, sous réserve du vote du budget.
Dans votre candidature, mettez en avant ce que vous savez déjà faire, puis ce que la formation doit vous apporter. Le recruteur cherche surtout de la motivation et un projet cohérent.
Ce qu’il faut retenir
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Seuls 59,7 % des 18-24 ans se jugent à jour dans leurs compétences, contre 69,7 % en moyenne, alors que le chômage des 15-24 ans atteint 21,6 % au deuxième trimestre 2026.
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Douter de ses compétences ne signifie pas en manquer : la plupart sont simplement absentes du CV.
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Le Passeport de compétences, ouvert en juin 2026 sur Mon Compte Formation, aide à recenser expériences, diplômes et engagements personnels.
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Une compétence crédible s’appuie sur une action, un contexte et, si possible, un résultat.
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Des centres d’intérêt précis peuvent prouver une compétence que le reste du CV ne montre pas.
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Le projet de budget 2027 maintient les aides à l’embauche d’apprentis, sous réserve de son vote.
FAQ : vos questions sur les compétences et le CV des jeunes
Quelles compétences mettre sur un CV quand on n’a jamais travaillé ?
Celles acquises en formation, en stage, en projet de groupe, en association ou en club sportif. Reliez chacune à une activité précise : une compétence modeste mais prouvée pèse plus qu’une qualité affirmée sans exemple.
Qu’est-ce que le Passeport de compétences ?
C’est un service public gratuit, intégré à Mon Compte Formation et lancé en juin 2026. Il rassemble vos diplômes, formations, expériences et engagements personnels, et facilite l’inventaire de vos compétences avant la rédaction du CV.
Combien de compétences indiquer sur un CV étudiant ?
Six à huit dans la rubrique dédiée, en priorité celles demandées dans l’offre. Les autres peuvent apparaître dans la description de vos expériences.
Les centres d’intérêt sont-ils vraiment lus par les recruteurs ?
Oui, surtout sur un CV qui contient peu d’expérience. Ils doivent montrer une pratique régulière ou une responsabilité : « voyages, lecture, sport » n’apporte aucune information.
Le plan Emploi futur change-t-il quelque chose pour ma recherche d’emploi ?
Il vous donne accès à de nouveaux outils, comme le Passeport de compétences, et renforce l’accompagnement des 16-25 ans. Le Contrat d’Engagement Jeune et les Missions Locales restent vos premiers interlocuteurs.
Sources externes
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INSEE : Chômage au sens du BIT, deuxième trimestre 2026 (https://www.insee.fr/fr/statistiques/9032359)
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Ministère du Travail : Emploi futur, dossier de presse (https://travail-emploi.gouv.fr/emploi-futur-plan-dacceleration-pour-lemploi-des-jeunes-dossier-de-presse)
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Service-public.fr : Le Passeport de compétences (https://entreprendre.service-public.gouv.fr/actualites/A18976)
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Banque des Territoires (Localtis) : le PLF 2027 et l’emploi des jeunes (https://www.banquedesterritoires.fr/emploi-formation-le-plf-2027-epargne-les-jeunes-mais-pas-les-chomeurs)
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Indeed Hiring Lab : Le marché de l’emploi en 2026 (https://hiringlab.indeed.com/fr/blog/2025/12/10/le-marche-de-lemploi-en-2026-en-pleine-mutation-face-aux-nouveaux-equilibres-economiques/)
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SKEMA Business School : Baromètre Talents 2026, Ipsos bva pour SKEMA Business School et EY (https://www.skema.edu/fr/barometre-talents-2026)